vendredi 23 juin 2017

Les shorts ultracourts



On m'a soumis, hier, la question des shorts ultracourts, plus précisément de leur impact esthétique, émotionnel sur les observateurs concernés. Pris de court, voire d'ultracourt, par la question, de surcroît abruti par la chaleur de cet après-midi de juin, il me semble avoir balbutié des platitudes. La chose peut-être la plus intelligente que j'aie répondu tournait autour de la notion de corps-marchandise dans la civilisation capitaliste. J'ai également évoqué l'hypocrisie, la misogynie (la mienne), le supplice de Tantale et, tout bêtement, la température caniculaire.

Je repense aujourd'hui à cet entretien que Serge Gainsbourg donna en 1968. À partir de neuf minutes et trente-trois secondes, il y est question des femmes contemporaines. On sera peut-être surpris d'entendre, dans les propos de Gainsbourg l'iconoclaste, des opinions assez conservatrices. Personnellement, non. Je les transpose en 2017, pour voir ce que ça donne, et je ne trouve pas grand chose à changer.

Mon interlocuteur d'hier me fait l'honneur de me lire et je l'en remercie. C'est en pensant à lui que j'ai remis en ligne Mater des culs, texte écrit en juin 2011, c'est-à-dire presque un an après ma mort administrative et sociale. On peut regarder une peinture, celle-ci semble étrange, disons qu'elle a ses caractéristiques. L'artiste ne lui ressemblera pas forcément. Mon interlocuteur me lit et moi, je l'écoute avec attention. Dans quelle mesure ce raisonnement s'applique-t-il à ce texte ? Voire à tous mes textes ?

En tout cas, il me semble que nous ne comprenons plus rien à la sexualité, au désir. Il paraît qu'il n'existe en définitive qu'une seule sexualité. Je n'aime pas ce réductionnisme biologique. Je me demande si ceux qui le mettent en avant sont (ou ne sont pas) à deux doigts de cautionner la pédophilie ou la zoophilie. Je me demande par ailleurs s'ils ne confondent pas (délibérément) désir sexuel et libido. La libido n'est pas nécessairement sexuelle et c'est elle, je pense, qui est unique et se manifeste, entre autres, dans le désir sexuel. Un burger bien gras (ou un américain) qui m'attire, c'est charnel mais pas sexuel. Derrière cela, derrière n'importe quel désir se tient, se fait sentir la quête de la Plénitude Perdue, ce que Martinès de Pasqually, en son temps, appela le désir de réintégration de l'Être.

Plusieurs sexualités. L'orientation sexuelle. Il y a ce que j'appelle les homosexuel(le)s véritables et ceux fabriqués, en quelque sorte, par les médias et le gauchisme. LGBT Pride à Strasbourg, il y a quelques années : au beau milieu du cortège, la banderole des jeunes du PS, section Alsace. Qu'est-ce que ces connards faisaient là sinon de la « pédagogie » ? L'hétérosexualité, c'est le Mal. L'homosexualité, c'est le Bien. Virez votre cuti, c'est la liberté et, en plus, on vous accordera peut-être un prêt pour votre appartement, une promotion dans votre service. C'est pigé, les lumpen ?

La Plénitude Perdue : l'état qui fut celui de notre humanité avant ce que certains appellent la Chute. La Chute dans la mort, le temps, la merde, l'entropie. Si j'étais gnostique, je dirais que nous nous trouvons prisonniers dans le monde créé par le Démiurge, alias le Dieu de l'Ancienne Alliance (au minimum). Mince, le Serpent, le Tentateur, serait lui-même le Démiurge ou alors les Archons, messagers (anges) du Démiurge, en auraient fait un salaud pour les siècles des siècles ?...

L'androgynie primordiale est à mon avis la forme réelle de l'être humain. Nous en portons des vestiges : qu'on m'explique comment il se fait que les hommes ont des seins qui ne leur permettent pas d'allaiter, et les femmes un clitoris qui ne leur permet pas d'engendrer. Je crois savoir qu'un fœtus, du moins au commencement de la gestation, porte la marque des deux sexes. C'est un androgyne. Ces choses existent depuis le début de la Chute, ce désastre ontologique, autrement dit depuis fort longtemps avant les LGBT Prides. Et encore, même avant la Chute, il se produit déjà une sorte d'éloignement par rapport au Principe : c'est la création d'Ève à partir d'une côte d'Adam. Puisque « homme et femme il les créa »... Si l'Ancien Testament rebute, ce n'est pas grave. Il vous reste quand même Phèdre et Le Banquet, de Platon. J'en devine certains : « Mais pour qui il se prend, ce Sunderland, à se la péter prof alors qu'il critique les gentils jeunes socialistes ? »

C'est que, voyez-vous, à vos banderoles je préfère les phylactères et que l'entreprise de gogolisation générale et terminale ne m'empêchera jamais de bouffer un burger huileux, à cuisson unique (c'est de la viande surgelée, dans les fastefoudes), tout en relisant le Pentateuque, Platon, Martinès et les autres.


 

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